- 21 sept.
Faire une pause avant de répondre - Les fondamentaux
- L'Alchimie des mots
- Fondamentaux, Revenir à soi
Faire une pause avant de répondre
Ce que quelques secondes peuvent changer entre ce qui nous arrive et ce que nous faisons
Il y a des réponses qui semblent sortir de nous avant même que nous ayons eu le temps de les choisir.
Quelqu’un nous fait une remarque.
👉 Nous répondons immédiatement.
Un message apparaît sur notre téléphone.
👉 Nous l’ouvrons.
Une contrariété survient.
👉 Notre voix change.
Une inquiétude traverse notre esprit.
👉 Nous commençons déjà à imaginer la suite.
Quelqu’un nous demande quelque chose.
👉 Un « oui » ou un « non » sort presque automatiquement.
Puis, quelquefois, quelques secondes plus tard, nous nous entendons penser : « J’aurais peut-être aimé répondre autrement. »
Ce phénomène n’a rien d’étrange. Une grande partie de notre vie repose justement sur notre capacité à répondre rapidement sans devoir réfléchir consciemment à chaque geste, chaque mot ou chaque décision.
Heureusement.
Imaginez si nous devions analyser consciemment chacun de nos mouvements avant de conduire, marcher, nous habiller ou répondre à une question familière.
Mais cette formidable capacité à automatiser nos réponses possède aussi un revers.
Ce qui est rapide n’est pas toujours ce que nous aurions choisi si nous avions eu quelques secondes de plus.
Et c’est là qu’une toute petite chose devient intéressante.
La pause.
Notre cerveau aime ce qui est déjà familier
Au fil de notre vie, nous apprenons. Nous répétons. Nous associons certaines situations à certaines réponses.
Progressivement, de nombreuses actions deviennent plus rapides et demandent moins d’attention consciente. C’est une capacité essentielle de notre cerveau.
Nous pouvons ainsi accomplir énormément de choses sans devoir les réapprendre chaque matin. Mais les automatismes ne concernent pas seulement nos gestes.
Certaines manières de penser, d’interpréter une situation ou d’y répondre peuvent elles aussi devenir extrêmement familières.
Une remarque peut déclencher très rapidement une défense.
Une difficulté peut faire surgir immédiatement : « Je n’y arriverai pas. »
Une demande peut provoquer une réponse avant même que nous ayons réellement vérifié ce que nous souhaitions.
Une incertitude peut nous pousser à chercher immédiatement une solution.
Et bien souvent, nous ne remarquons notre réponse automatique… qu’une fois qu’elle a déjà eu lieu.
Entre ce qui arrive et notre réponse
Imaginons quelque chose de très simple.
Vous recevez un message qui vous contrarie. Votre première impulsion est de répondre immédiatement.
À cet instant, plusieurs choses peuvent déjà être en train de se produire.
Votre attention se resserre sur certains mots.
Votre corps réagit.
Une émotion apparaît.
Des pensées surgissent.
Vous commencez peut-être même à rédiger mentalement votre réponse.
Vous pouvez en apprendre davantage dans cet article : Observer ce qui se passe en soi : apprendre à écouter les sensations du corps
Tout cela peut se dérouler extrêmement vite.
Mais imaginez maintenant que vous ne répondiez pas immédiatement.
Vous posez le téléphone.
Une respiration.
Puis une deuxième.
Dix secondes.
Peut-être une minute.
Le message n’a pas changé. 👉 Ce qui s’est passé n’a pas changé.
Mais quelque chose d’autre devient possible : vous pouvez commencer à observer votre propre réponse avant de l’exécuter.
Une pause n’efface pas ce que nous ressentons
C’est important.
Faire une pause ne signifie pas devenir soudainement calme, raisonnable et parfaitement maître de soi.
Vous pouvez faire une pause… et être toujours en colère.
Toujours inquiet.
Toujours blessé.
Toujours impatient.
La pause n’a pas pour fonction de supprimer l’émotion. Elle peut simplement nous permettre de la rencontrer avant qu’elle décide entièrement de la suite.
C’est une nuance considérable.
Parce que nous cherchons parfois à nous débarrasser de ce que nous ressentons avant de nous autoriser à répondre différemment. Or, nous pouvons encore ressentir quelque chose… et choisir malgré tout ce que nous voulons en faire.
Pourquoi quelques secondes peuvent-elles compter ?
Notre capacité à nous arrêter, à inhiber momentanément une réponse et à orienter volontairement notre attention fait intervenir plusieurs processus étudiés en psychologie cognitive et en neurosciences.
On parle notamment de contrôle inhibiteur, l’une des fonctions qui nous permettent de ne pas exécuter automatiquement une réponse dominante ou immédiate.
Mais il ne faut pas imaginer un petit bouton « stop » quelque part dans le cerveau.
Notre comportement résulte de systèmes complexes qui interagissent avec notre attention, notre apprentissage, nos émotions, notre état physiologique et la situation dans laquelle nous nous trouvons.
👉 Et notre capacité à nous arrêter n’est pas identique à chaque instant.
Lorsque nous sommes épuisés, très activés émotionnellement ou fortement préoccupés, certaines réponses familières peuvent sembler beaucoup plus difficiles à interrompre.
C’est aussi pourquoi apprendre à remarquer les premiers signaux peut être précieux.
Une respiration qui change.
Une mâchoire qui se contracte.
Une envie de répondre immédiatement.
Une accélération intérieure.
(Découvrez l'article Respirer en conscience : le premier pas pour revenir à soi)
Ces sensations ne sont pas des ennemies.
Elles peuvent devenir des repères.
Quelque chose en moi est en train de se passer.
Peut-être n’ai-je pas besoin de répondre tout de suite.
La pause ne sert pas seulement dans les moments difficiles
C’est peut-être là que cette pratique devient beaucoup plus vaste. Nous pouvons faire une pause avant de répondre à un message désagréable. Mais également avant de dire oui à une proposition.
Avant de refuser.
Avant d’acheter.
Avant de reprendre une deuxième fois quelque chose machinalement.
Avant de fermer une conversation.
Avant de nous dire : « De toute façon, ça ne sert à rien. »
Avant de faire exactement ce que nous faisons toujours.
Et même avant une chose agréable.
Qu’est-ce que j’ai réellement envie de répondre ?
Cette question paraît très simple. Mais combien de fois nous la posons-nous réellement ?
Faire une pause n’est pas devenir lent
Il ne s’agit évidemment pas de transformer chaque décision en méditation de quinze minutes.
Nous avons besoin de spontanéité. Nous avons besoin d’intuition. Nous avons besoin de réactions rapides.
Certaines situations exigent même une réponse immédiate. Le but n’est donc pas d’apprendre à hésiter devant tout.
Il est beaucoup plus subtil : commencer à reconnaître les situations dans lesquelles notre première réponse ressemble davantage à un automatisme qu’à un choix.
Et là, quelques secondes peuvent suffire.
Une phrase peut parfois créer l’espace à notre place
Il existe aussi une difficulté très concrète.
Nous savons que nous aimerions prendre quelques secondes… mais quelqu’un attend notre réponse.
Le silence devient inconfortable. Alors nous répondons. Dans ces situations, une phrase toute simple peut nous aider : « Laissez-moi y réfléchir, je vous réponds. » Ou : « Je préfère prendre un moment avant de vous répondre. »
Il n’y a rien d’extraordinaire dans ces phrases. Mais elles accomplissent quelque chose d’intéressant : elles rendent la pause possible.
Cela peut concerner une proposition professionnelle, une invitation, une décision familiale, une demande de service ou simplement une situation dans laquelle nous sentons que notre réponse arrive beaucoup plus vite que notre réflexion.
Et oui, parfois, cela peut aussi être utile lorsque nous craignons de décevoir quelqu’un.
Mais ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.
Le véritable apprentissage est ailleurs : s’autoriser quelques secondes pour découvrir ce que nous voulons réellement répondre.
Et si le changement commençait parfois avant l’action ?
Nous pensons souvent au changement à travers ce que nous allons faire de nouveau.
Répondre autrement.
Penser autrement.
Réagir autrement.
Agir autrement.
Mais peut-être existe-t-il une étape encore plus petite.
Avant la nouvelle réponse… il faut parfois réussir à voir arriver l’ancienne.
C’est précisément ce que nous entraînons lorsque nous revenons au souffle, au corps ou à nos sensations. (Vous pouvez découvrir l'article Retrouver ses appuis : revenir au présent en retrouvant le contact avec son corps).
Nous créons progressivement davantage de familiarité avec l’observation. Et un jour, dans une situation réelle, quelque chose peut apparaître : Ah. Voilà ma réponse habituelle qui arrive.
Cette prise de conscience ne garantit absolument pas que nous agirons autrement. Mais elle crée quelque chose qui n’existait peut-être pas une seconde auparavant : une possibilité.
Et parfois, le changement commence exactement là.
Une expérience pour aujourd’hui
Je ne vais pas vous proposer de faire une pause toute la journée.
Choisissez une seule situation.
Aujourd’hui, lorsqu’une personne vous pose une question ou lorsqu’un événement provoque chez vous une réponse immédiate, essayez ceci : ne répondez pas pendant trois secondes.
Pas trente.
Trois.
Pendant ces trois secondes, ne cherchez pas la bonne réponse.
Prenez simplement une respiration. Puis demandez-vous intérieurement : « Qu’est-ce qui allait sortir automatiquement ? »
Et ensuite : « Est-ce toujours ce que j’ai envie de répondre ? »
Peut-être que oui. Et c’est important. Faire une pause ne signifie pas forcément changer de réponse. Vous découvrirez peut-être que votre première réponse était exactement celle que vous vouliez donner.
Dans ce cas, vous pourrez la donner.
Mais cette fois, quelque chose aura été différent : vous l’aurez rencontrée avant de la prononcer.
Pour aller plus loin
Revenir à soi ne consiste pas nécessairement à s’isoler longtemps du monde.
Cela peut arriver au milieu d’une conversation.
Devant un message.
Avant une décision.
Dans les trois secondes qui séparent une question de notre réponse.
Dans la méthode de L’Alchimie des Mots, nous travaillons justement cette capacité à observer progressivement ce qui se passe en nous, à reconnaître certaines réponses familières et à expérimenter d’autres possibilités grâce au souffle, à l’attention, à l’écriture, à la méditation et au mouvement.
Découvrir la méthode de L’Alchimie des Mots
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un qui ne réagit plus jamais automatiquement.
Il s’agit peut-être simplement de devenir quelqu’un qui, un peu plus souvent, se voit répondre avant d’avoir répondu.
Et si vous l’expérimentiez ?
Comprendre cette idée est une première étape.
Mais nous pouvons aussi découvrir ce qui se passe lorsqu’on lui donne quelques minutes d’expérience.
L’Alchimie des Mots vous offre un mini-atelier guidé d’environ 15 minutes, conçu comme une première découverte de l’univers de L’Art de se réécrire.
À travers différentes portes - notamment l’attention, l’écriture, le corps et l’expérience intérieure - vous pourrez commencer à observer certaines de vos réponses familières autrement que par la seule réflexion.
Dans les ateliers de L’Art de se réécrire, nous allons beaucoup plus en profondeur : nous ne cherchons pas seulement à comprendre nos fonctionnements, mais à les rencontrer, les expérimenter et progressivement ouvrir de nouvelles possibilités.
Ce mini-atelier est simplement une première porte. Il est offert par L’Alchimie des Mots.
Et vous ?
Si vous pouviez introduire aujourd’hui trois secondes de pause dans une seule situation de votre vie… où seraient-elles les plus utiles ?
Peut-être que trois secondes ne changeront rien.
Peut-être qu’elles changeront seulement une réponse.
Mais parfois, avant d’apprendre à répondre autrement, nous avons simplement besoin de découvrir qu’entre ce qui arrive… et ce que nous faisons ensuite, un petit espace peut exister.