- 28 avr.
S'ancrer dans son corps
- L'Alchimie des mots
- Corps
S’ancrer dans son corps
Notre corps, un buste, deux bras, deux jambes, un dos et une tête, qui ne nous conviennent pas toujours. Trop grand, trop petit, trop/pas assez corpulent, trop lourd, pas assez souple mais qui, chaque jour, accomplit des millions de prouesses.
Il maintient notre température à 37°C constamment, ajustant la transpiration, la contraction des muscles, la circulation sanguine. Tout ce processus se déroule sous nos yeux.
Le corps contient environ 30 000 milliards de cellules et chaque jour, entre 50 à 70 milliards de cellules meurent et sont remplacées.
Le cœur possède 40 000 neurones, il envoie toute la journée des informations et des sensations au cerveau. Il bat 100 000 fois par jour et son réseau sanguin mesure environ 100 000 km, soit plus de deux fois le tour de la Terre.
Des millions de réactions chimiques s’enchainent à chaque seconde, dans une synergie incommensurable.
Que nous l'aimions ou pas, il nous porte jour après jour.
Mais là où il devient fascinant ? C’est qu’il communique avec notre cerveau à chaque seconde de la journée, à notre plus grande ignorance. Environ 95 % de nos décisions seraient influencées par des processus inconscients, dont une grande partie passe par le corps (émotions, sensations, signaux internes).
Le cerveau reçoit en permanence des millions d’informations sensorielles, mais seule une infime partie devient consciente.
Mais la question est… habites-tu ton corps ? Bien souvent, l’on ne devient conscient de lui que lorsque cela ne va pas.
Maintenant... qu'entend-on par s'ancrer dans son corps ?
Retrouver un lieu connu
Revenir dans ton corps, ce n’est pas apprendre quelque chose de nouveau.
C’est retrouver. Un endroit que tu connais déjà, sans vraiment t’en souvenir. Un espace qui a toujours été là… mais que ton attention a doucement quitté.
Tu continues de vivre, de penser, d’agir.
Mais parfois, comme en décalage. Un peu en surface.
Et pourtant, ton corps est toujours là. Présent. Stable. Disponible.
Il attend simplement que tu reviennes.
Sentir plutôt que penser
Ton corps n’est pas une idée.
Ce n’est pas une image dans un miroir, ni une sensation globale que tu résumes en quelques mots.
C’est une multitude de points d’appui, de micro-perceptions, de mouvements subtils.
Le contact de tes pieds.
Le poids de ton corps.
Une tension quelque part.
Une respiration qui circule.
Tu peux penser ton corps toute une vie… sans jamais vraiment le ressentir.
Et pourtant, il suffit d’un instant.
Un basculement d’attention.
Quand tu reviens, quelque chose se replace
Ce n’est pas spectaculaire.
Mais c’est net.
Comme si tu passais d’un espace diffus… à quelque chose de plus dense.
Comme si ta présence reprenait de la profondeur.
Ton rythme ralentit légèrement.
Ton regard change.
Ton attention s’ancre.
Tu n’es plus seulement “en train de vivre”. Tu es là. Dans ce que tu vis.
Un signal que ton corps reconnaît
Quand tu reviens à tes sensations, ton corps ne découvre rien. Il reconnait.
Ce simple fait de porter ton attention sur lui envoie un signal clair à ton système nerveux : tu es en sécurité.
Et à partir de là, tout peut s’ajuster.
Le souffle se régule.
Les tensions diminuent.
Le corps relâche ce qu’il n’a plus besoin de maintenir.
Sans effort.
Sans intervention.
Comme si, en revenant… tu permettais à tout le reste de suivre.
Écrire depuis cet endroit
Quand tu écris depuis ta tête, tu cherches. Quand tu écris depuis ton corps… quelque chose se dépose.
Les mots sont moins contrôlés.
Plus proches. Plus vrais, parfois, sans que tu saches vraiment pourquoi.
Ils ne viennent pas “d’en haut”.
Ils émergent.
Comme une continuité naturelle de ce que tu ressens.
Revenir, simplement
Tu peux essayer, là.
Sentir tes appuis.
Ton poids.
Ta respiration.
Rien de plus.
👉 Et observer.
Peut-être que quelque chose s’ajuste. Peut-être que rien ne change… en apparence.
Mais si tu restes un peu plus longtemps, tu pourrais commencer à sentir ce lieu.
Celui que tu n’as jamais vraiment quitté.
Habiter
Ton corps n’a jamais cessé d’être là.
Il a continué, chaque seconde, à maintenir la vie, à réguler, à s’adapter.
Sans toi.
La seule chose qui change… c’est quand tu y reviens.
Alors peut-être que la question n’est pas : as-tu un corps ?
Mais plutôt : es-tu à l’intérieur ?
2 comments
J’aime vraiment cet enseignement, il me fait prendre conscience de l’importance capitale d’être présente en moi …cela permet d’envoyer le signal « je suis en sécurité il y a quelqu’un qui s’occupe de moi …ma présence « wow j’avais jamais pensé cela ainsi …ça me fait du bien 😌
Merci pour ce beau retour 😍