• 14 août

Pourquoi collectionnons-nous les méthodes plutôt que de répéter les exercices ? Chroniques d'une exploratrice du changement - Chronique n°2

Nous découvrons une méthode qui nous fait du bien… puis, quelques semaines plus tard, nous en cherchons déjà une autre. Et si notre goût pour la nouveauté nous faisait parfois abandonner précisément ce dont l’apprentissage a besoin : la répétition ?

CHRONIQUES D'UNE EXPLORATRICE DU CHANGEMENT

Chronique n°2
Pourquoi collectionnons-nous les méthodes plutôt que de répéter les exercices ?

Il y a quelque chose que j’observe depuis longtemps et que je trouve assez fascinant.

Nous pouvons découvrir une pratique qui nous fait du bien.
Sentir qu’elle nous apporte quelque chose.

Nous dire : « Ça, je devrais vraiment le faire plus souvent. »

Et pourtant…
Quelques jours ou quelques semaines plus tard, nous voilà en train de chercher autre chose.

  • Une nouvelle méthode.

  • Un nouveau livre.

  • Une nouvelle méditation.

  • Une nouvelle vidéo.

  • Un nouvel exercice.

Comme si ce que nous avions découvert avait déjà perdu une partie de sa valeur simplement parce que… nous le connaissions.

Et je dois reconnaître que je connais très bien ce phénomène.

J’ai moi-même passé énormément de temps à chercher.

À lire.
À écouter.
À découvrir.

Et il y a quelque chose de profondément stimulant dans cette phase-là.

Lorsque nous rencontrons une nouvelle idée, tout semble possible.

Nous comprenons quelque chose que nous ne comprenions pas hier.
Nous entrevoyons une autre manière de faire.
Parfois même, pendant quelques heures ou quelques jours, nous avons l’impression que quelque chose a déjà changé.

Puis vient une étape beaucoup moins spectaculaire.

  • Il faut recommencer.

  • Faire le même exercice.

  • Revenir à la même respiration.

  • Observer encore.

  • Pratiquer encore.

Et demain… recommencer.

C’est là qu’un paradoxe m’interpelle.

Pourquoi sommes-nous parfois davantage attirés par la découverte d’une nouvelle méthode que par la répétition de celle qui nous avait pourtant semblé si juste ?

La nouveauté donne immédiatement l’impression d’avancer.

Découvrir quelque chose est gratifiant. Il y a un avant et un après très facilement identifiable.

Hier, je ne savais pas.
👉 Aujourd’hui, je sais.

Hier, je ne connaissais pas cet exercice.
👉 Aujourd’hui, je le connais.

Nous pouvons mesurer immédiatement ce que nous avons acquis.

Avec la répétition, c’est beaucoup moins évident. Si je pratique aujourd’hui exactement ce que j’ai pratiqué hier, qu’est-ce qui me prouve que j’avance ?

Peut-être rien.

Je peux même avoir l’impression de refaire exactement la même chose.
Et pourtant, lorsque j’observe la plupart de nos apprentissages, quelque chose devient évident.

👉 Nous n’avons pas appris à marcher en découvrant chaque semaine une nouvelle technique pour marcher.

👉 Nous n’avons pas appris à écrire en changeant constamment d’alphabet.

👉 Nous n’avons pas appris à conduire en cherchant chaque jour une nouvelle manière de tenir un volant.

Nous avons répété.
Encore.
Et encore.

Jusqu’à ce que quelque chose qui demandait autrefois énormément d’attention devienne progressivement plus naturel.

Alors pourquoi imaginons-nous parfois que notre monde intérieur fonctionnerait autrement ?

Peut-être confondons-nous nouveauté et progression

C’est une question que je me pose de plus en plus.

Lorsque quelque chose est nouveau, nous le remarquons immédiatement.

Lorsque quelque chose devient familier, nous le remarquons beaucoup moins.

Et pourtant, dans l’apprentissage, cette familiarité est peut-être précisément ce que nous recherchons.

Au début, revenir volontairement à sa respiration peut demander un véritable effort d’attention.

Observer une réaction avant d’y répondre peut sembler presque impossible.
Cultiver volontairement un état intérieur différent peut paraître artificiel.

Puis nous recommençons.
Et quelque chose devient légèrement plus accessible.
Pas forcément spectaculaire.
Pas forcément mesurable.

Simplement… un peu moins étranger.

C’est là que je trouve la répétition particulièrement intéressante.

Elle ne nous donne pas toujours la sensation d’avancer.

Mais elle peut progressivement transformer ce qui était nouveau en quelque chose de connu.

Et si l’ennui faisait parfois partie de l’apprentissage ?

Voilà une idée qui m’a longtemps dérangée. Nous avons tendance à interpréter l’ennui comme un signal.

« Je connais déjà. »
« J’ai compris. »
« Il ne se passe plus rien. »

Alors nous cherchons quelque chose qui nous stimule davantage. Mais connaître un exercice signifie-t-il réellement l’avoir intégré ?

Je peux parfaitement connaître une pratique de respiration et ne jamais penser à l’utiliser lorsque je suis réellement bousculée.

Je peux comprendre intellectuellement que je souhaite répondre autrement à certaines situations et retrouver pourtant exactement mon ancienne réaction lorsque l’émotion monte.

Je peux avoir lu dix livres sur la présence et passer une journée entière perdue dans mes pensées.

👉 Ce n’est pas contradictoire.

Peut-être est-ce simplement la différence entre connaître un chemin et l’avoir suffisamment emprunté pour qu’il devienne familier.

Et c’est précisément ici que cette deuxième chronique rejoint la première.

Dans la précédente, je me demandais pourquoi comprendre ne suffisait presque jamais à changer.

Aujourd’hui, une autre pièce du puzzle apparaît.
Peut-être parce qu’après avoir compris… il reste encore à répéter.

La répétition n’est pourtant jamais exactement la même

C’est probablement ce que je trouve le plus beau.

Lorsque nous revenons à une pratique, nous pouvons avoir l’impression de refaire la même chose.

Mais nous ne sommes jamais exactement dans les mêmes conditions.

Aujourd’hui, je suis fatiguée.
Demain, je serai peut-être sereine.
Un autre jour, quelque chose m’aura contrariée.
Puis viendra un moment où j’aurai réellement besoin de ce que j’ai pratiqué.

Et soudain, le même exercice rencontrera une expérience complètement différente.

La répétition n’est donc peut-être pas une succession de copies identiques.

Elle ressemble davantage à une rencontre répétée entre une même intention et des versions différentes de nous-mêmes.

Je me demande alors si nous ne cherchons pas parfois trop loin

Nous avons aujourd’hui accès à une quantité extraordinaire de connaissances.

Et c’est une chance immense.

Mais cette abondance pose peut-être une nouvelle difficulté. Il y aura toujours quelque chose d’autre à découvrir.

  • Un autre livre.

  • Une autre méthode.

  • Une autre technique.

  • Une autre personne qui nous expliquera les choses différemment.

La question n’est donc peut-être plus seulement : « Qu’est-ce que je pourrais apprendre de nouveau ? »

Elle pourrait parfois devenir :

« Parmi tout ce que je sais déjà, qu’est-ce que je n’ai jamais réellement pris le temps de pratiquer ? »

Je trouve cette question beaucoup plus inconfortable.

Parce qu’elle ne nous invite plus à chercher.

Elle nous invite à choisir.

Puis à rester suffisamment longtemps avec ce choix pour découvrir ce que la répétition peut en faire.

Je continue moi-même à explorer cette frontière étrange entre la curiosité, qui nous ouvre de nouvelles portes, et la répétition, qui nous permet peut-être enfin d’en franchir une.
Et je n’ai certainement pas envie de renoncer à la curiosité.

Mais j’apprends peu à peu à me méfier d’une idée :

celle que ce qui est nouveau serait nécessairement ce dont j’ai besoin maintenant.

Parfois, la prochaine étape n’est peut-être pas une nouvelle découverte.

C’est peut-être simplement… revenir à quelque chose que nous connaissons déjà.

Et vous ?

Y a-t-il une pratique dont vous savez qu’elle vous fait du bien… mais que vous avez abandonnée pour partir à la recherche de quelque chose de nouveau ?

Pour prolonger l’exploration

Si cette réflexion vous donne envie de découvrir comment la répétition, l’expérience et l’apprentissage peuvent s’inscrire dans un chemin plus global, vous pouvez découvrir L’Art de se réécrire, la méthode qui guide notre approche du changement intérieur.

→ Découvrir L’Art de se réécrire

Et si, plutôt que d’en lire davantage, vous commenciez simplement par expérimenter ?

Un mini-atelier est disponible gratuitement pour vous permettre de vivre une première expérience et de découvrir ce que la répétition peut commencer à installer, doucement, dans la pratique.

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