- 26 juin
Dr. Joe Dispenza : une étude explore les effets d’une retraite corps-esprit sur le cerveau et le corps
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Et si nos pratiques intérieures laissaient une trace dans le corps ?
Et si nos pratiques intérieures ne restaient pas seulement “dans la tête” ? Et si méditer, changer sa manière de se percevoir, entrer dans un état de présence profonde, ou participer à un rituel de guérison pouvait laisser une trace mesurable dans le corps ?
C’est exactement le type de question qu’une étude récente a voulu explorer.
Cette étude ne prétend pas tout prouver. Elle ne dit pas : “Voilà, c’est démontré, la méditation guérit tout.” Mais elle ouvre une porte passionnante.
Elle observe ce qui se passe dans le cerveau et dans le sang de participants après une retraite intensive de 7 jours mêlant méditation, enseignements corps-esprit, rituels de guérison et placebo ouvert.
Le placebo ouvert, cela veut dire que la personne sait qu’il s’agit d’un processus symbolique ou rituel. On ne lui ment pas. On ne lui fait pas croire qu’elle reçoit un médicament. Et pourtant, la science sait déjà que le contexte, la croyance, l’attention, la relation et l’attente peuvent parfois déclencher de vraies réponses biologiques.
C’est là que cela devient très intéressant.
Une retraite intensive, pas une simple relaxation
Pendant cette retraite, les participants ne se sont pas simplement “relaxés”. Ils ont été plongés dans un environnement très structuré.
Il y avait des conférences. Il y avait des méditations guidées. Il y avait des pratiques centrées sur le cœur, la respiration et l’attention intérieure. Il y avait aussi des rituels collectifs de guérison.
En clair, cette étude ne regarde pas une petite méditation de dix minutes faite à la maison entre deux rendez-vous. Elle observe une immersion complète. Une semaine entière où le participant est invité à changer d’état intérieur, à revoir sa manière de penser le corps, à pratiquer intensément, et à vivre une expérience de groupe tournée vers la transformation.
Les chercheurs ont voulu mesurer ce qui changeait avant et après cette retraite. Ils ont donc utilisé l’IRM fonctionnelle, c’est-à-dire une imagerie qui permet d’observer l’activité du cerveau.
Ils ont aussi analysé le sang des participants. Ils ont regardé des protéines, des métabolites, des marqueurs liés à l’inflammation, au métabolisme, à la neuroplasticité et aux voies naturelles du soulagement.
La neuroplasticité : le cerveau peut-il se modifier ?
La “neuroplasticité”, pour le dire simplement, c’est la capacité du cerveau et du système nerveux à se modifier, à s’adapter, à créer de nouvelles connexions. Ce n’est pas un mot magique. C’est une réalité biologique étudiée depuis des années.
Dans cette étude, les chercheurs ont observé des signaux intéressants autour de cette plasticité. Ils ont notamment vu que le plasma sanguin prélevé après la retraite semblait favoriser davantage la croissance de prolongements neuronaux dans des cellules étudiées en laboratoire.
Cela ne veut pas dire que l’on a prouvé que le cerveau des participants s’est régénéré en sept jours. Mais cela suggère que quelque chose dans leur milieu biologique avait changé. Et ce “quelque chose” mérite d’être regardé de très près.
Ce que l’étude observe dans le cerveau
Du côté du cerveau, l’étude observe aussi des modifications pendant la méditation. Certains réseaux cérébraux semblent fonctionner différemment.
Par exemple, les chercheurs parlent du “réseau du mode par défaut”. Ce réseau est souvent associé aux pensées sur soi, au mental qui tourne, aux souvenirs, aux projections, à l’identité habituelle. C’est un peu le réseau du “moi qui raconte mon histoire”.
Quand vous ruminez, quand vous repensez au passé, quand vous anticipez l’avenir, ce réseau peut être très impliqué. Pendant la méditation, certains changements ont été observés dans ce réseau.
Les chercheurs parlent aussi du “réseau de saillance”. Celui-ci aide le cerveau à détecter ce qui est important. Il participe à l’attention portée aux signaux du corps, aux émotions, aux dangers, aux changements de l’environnement.
Quand ce réseau est très actif ou très sollicité, on peut imaginer un système qui surveille, qui capte, qui réagit. Là encore, pendant la méditation, l’étude observe des modifications de connectivité.
La “connectivité”, c’est simplement la manière dont différentes zones du cerveau communiquent entre elles. Ce qui est fascinant, c’est que la méditation semble amener le cerveau dans un état différent.
Pas forcément un état “meilleur” au sens simpliste. Mais un état moins organisé autour des circuits habituels. Un état où certaines frontières entre réseaux semblent se modifier. Un état où l’information pourrait circuler autrement.
Cela rejoint ce que beaucoup de pratiquants décrivent intérieurement : moins de mental, moins de contrôle, moins d’identité figée, plus d’espace, plus de présence, parfois même une sensation de dissolution du “moi habituel”.
Bien sûr, l’expérience subjective ne suffit pas à faire une preuve scientifique. Mais quand des vécus intérieurs commencent à être mis en parallèle avec des mesures cérébrales et biologiques, cela devient passionnant.
Le métabolisme : le corps semble aussi répondre
L’étude observe aussi des changements dans le métabolisme. Le métabolisme, c’est la manière dont les cellules produisent et utilisent l’énergie.
Après la retraite, le plasma des participants semble influencer la manière dont certaines cellules utilisent l’énergie en laboratoire. Là encore, il ne faut pas aller trop vite.
On ne peut pas dire : “Cette retraite transforme automatiquement votre métabolisme.” Mais on peut dire : “Des changements mesurables ont été observés dans des marqueurs liés à l’énergie cellulaire.”
Et c’est déjà très intéressant.
Inflammation, réparation et mouvement intérieur
Autre point important : les chercheurs ont observé à la fois des marqueurs inflammatoires et anti-inflammatoires. Cela peut sembler contradictoire au premier abord. On pourrait se dire : “Mais alors, est-ce bon ou mauvais ?”
En réalité, le corps n’est pas une machine binaire. Il ne fonctionne pas seulement avec des interrupteurs “on” ou “off”.
L’inflammation peut parfois être liée à une agression, mais elle peut aussi faire partie de processus de réparation, de nettoyage, de renouvellement.
Dans cette étude, les auteurs évoquent une modulation dynamique du système immunitaire. Autrement dit, le corps semble réagir, s’ajuster, bouger.
Et cela ouvre une question passionnante : certaines pratiques intérieures intensives pourraient-elles participer à remettre du mouvement dans des systèmes biologiques figés, stressés ou déséquilibrés ?
Les opioïdes naturels du corps
L’étude observe aussi une activation de voies liées aux opioïdes endogènes. Les opioïdes endogènes, ce sont des substances naturellement produites par le corps.
On peut penser aux endorphines, par exemple. Elles participent au soulagement, au bien-être, à la modulation de la douleur, parfois à des états d’apaisement profond.
Cela ne veut pas dire que la méditation remplace un traitement médical. Cela veut dire que le corps possède déjà en lui des systèmes puissants de régulation. Et peut-être que certaines pratiques, certains états de conscience, certains contextes de sécurité et de confiance peuvent aider à les activer.
C’est une idée forte. Parce qu’elle change notre manière de regarder le corps.
Le corps n’est pas seulement une structure qui subit. Il est aussi un système vivant qui répond.
Il répond à l’environnement. Il répond au stress. Il répond aux pensées répétées. Il répond à la sécurité. Il répond à l’attention. Il répond peut-être aussi, plus profondément qu’on ne l’imagine encore, à l’intention, à la présence, au sens, au rituel et à l’état intérieur.
Ce que cette étude ne prouve pas encore
Mais il faut rester juste.
Cette étude porte sur un petit groupe de participants. Elle est exploratoire. Elle ne permet pas de conclure que cette retraite guérit une maladie.
Elle ne permet pas de dire que les résultats seraient les mêmes pour tout le monde. Elle ne permet pas non plus de séparer parfaitement l’effet de chaque élément : méditation, conférences, groupe, rituel, attente, repos, environnement, intensité de l’expérience.
Tout cela est mélangé.
Et c’est justement ce qui rend l’étude à la fois limitée et passionnante.
Limitée, parce qu’on ne peut pas isoler une cause unique. Passionnante, parce qu’elle étudie l’humain dans une expérience globale.
Or l’humain n’est pas découpé en morceaux. Vous n’êtes pas seulement un cerveau. Vous n’êtes pas seulement un corps. Vous n’êtes pas seulement des pensées.
Vous êtes un ensemble vivant, sensible, biologique, émotionnel, relationnel et spirituel.
Et peut-être que la science commence doucement à trouver des outils pour observer ce que beaucoup ressentent déjà intérieurement.
Une science qui explore au lieu de fermer
Ce type d’étude ne ferme pas le débat. Il l’ouvre.
Il ne dit pas : “Nous savons tout.” Il dit plutôt : “Regardons mieux.”
Et c’est là que la science devient belle. Pas quand elle devient un dogme. Pas quand elle dit : “Ce que nous ne savons pas encore n’existe pas.”
Mais quand elle accepte d’explorer. Quand elle accepte de mesurer ce qui semblait autrefois impossible à mesurer. Quand elle accepte de poser des questions nouvelles. Quand elle accepte de regarder le lien entre conscience, cerveau, biologie et transformation intérieure.
Aujourd’hui, cette étude suggère des changements mesurables après une retraite corps-esprit intensive. Demain, d’autres recherches viendront peut-être confirmer, préciser, nuancer ou approfondir ces résultats.
Peut-être qu’un jour, nous comprendrons beaucoup mieux comment l’état intérieur influence le corps. Peut-être que nous saurons expliquer plus finement comment la méditation, la présence, la confiance, le rituel, l’amour, l’attention et la transformation des croyances agissent sur nos systèmes biologiques.
Et peut-être que ce qui semble encore aujourd’hui fragile, émergent ou incomplet deviendra demain une évidence scientifique.
En attendant, cette étude nous invite déjà à une chose essentielle : ne pas réduire l’être humain à ses automatismes, à ses symptômes ou à son passé.
Elle nous rappelle que le corps est vivant. Que le cerveau est plastique. Que nos états intérieurs comptent.
Et que la transformation humaine mérite d’être explorée avec sérieux, avec prudence, mais aussi avec enthousiasme.
Source de l’article
Cet article s’appuie sur une étude scientifique publiée dans Communications Biology, une revue du groupe Nature Portfolio.
Référence de l’étude :
Jinich-Diamant, A., Simpson, S., Zuniga-Hertz, J. P., Chitteti, R., Schilling, J. M., Bonds, J. A., Case, L., Chernov, A. V., Dispenza, J., Maree, J., et al.
Neural and molecular changes during a mind-body reconceptualization, meditation, and open label placebo healing intervention.
Communications Biology, 2025.
DOI : 10.1038/s42003-025-09088-3
4 comments
Merci de nous partager cette pépite et pour le travail de retranscription!
Les retraites de Joe Dispenza ne sont pas accessibles à tous c’est dommage…
De mon côté je vais mesurer les marqueurs inflammatoires sanguins à l’issue de mon entrainement et je crois fort qu’ils auront bougés.
Par contre je ne saisi pas le concept d’effet placebo ouvert ?
Merci beaucoup pour ton message.
Oui, je te rejoins complètement : les retraites de Joe Dispenza ne sont pas accessibles à tout le monde, et c’est justement pour ça que je trouve important de rendre ce type d’étude plus lisible et plus accessible.
Je trouve magnifique que tu aies envie de mesurer tes marqueurs inflammatoires après ton entraînement.
Franchement, je serai très heureuse d’avoir ton retour si tu as envie de nous le partager, parce que ce sont aussi ces expériences personnelles, observées avec sérieux, qui ouvrent des portes.
Pour le placebo ouvert, l’idée est assez simple : contrairement au placebo classique, on ne cache rien à la personne.
La personne sait qu’elle entre dans un processus symbolique, intérieur, rituel ou intentionnel.
Et pourtant, même en le sachant, le corps peut répondre.
C’est ça qui est passionnant.
Ce n’est pas “faire semblant”.
Ce n’est pas “imaginaire”.
C’est plutôt le fait que le cerveau, le système nerveux et le corps peuvent réagir au sens que l’on donne à une expérience.
L’intention, la foi, la confiance, le cadre, le groupe, le rituel, l’état du cœur… tout cela peut devenir un vrai signal pour le corps.
Et dans cette étude, les rituels de guérison sont justement regardés sous cet angle : comme un contexte puissant capable d’activer des réponses internes.
Pour moi, c’est une piste immense.
Parce que ça montre que le corps ne répond pas seulement à une molécule ou à une intervention extérieure.
Il peut aussi répondre à l’état intérieur, à la présence, à la sécurité, à l’ouverture et à quelque chose de plus grand que ce que l’on sait encore mesurer complètement aujourd’hui.
Bonjour Agathe,
Je partagerai volontiers mes résultats en septembre (ce sont seulement les CRP et thyroïdiens).
Merci Muriel !