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L'écriture intuitive : laisser venir

L’écriture intuitive invite à écrire sans chercher à produire ou à contrôler. Un mouvement où les mots émergent naturellement, révélant un autre rapport à soi, à ses pensées et à son monde intérieur.

Quand écrire rencontre la science

Au-delà de simplement prendre un stylo pour écrire quelques phrases bien senties que l’on retient, sur soi-même, son conjoint, ou son patron, l’écriture intuitive que l’on voit ensemble dans les ateliers, est loin d’être anodine.

Des chercheurs ont observé de près le pouvoir de l’écriture intuitive. Ainsi, écrire librement sur ses expériences, émotions ou événements personnels peut être associé à une :

  • diminution du stress perçu

  • meilleure régulation émotionnelle

  • diminution de la rumination

  • amélioration du bien-être psychologique.

En somme, transformer une expérience interne diffuse en langage semble modifier la manière dont le cerveau traite cette expérience.

Votre cerveau possède une mémoire de travail limitée. Écrire dans un cadre guidé permet littéralement un « déchargement cognitif ». On observe alors une sensation de clarté, une impression d’espace mental et bien d’autres bienfaits.

Puisque l’écriture mobilise souvent émotions, mémoire, langage, perception interne et émotions, ce mélange peut favoriser une meilleure assimilation de ce que l’on ressent, comprend et verbalise.

Des recherches en imagerie laissent penser que l’écriture libre et créative mobilisent des régions du cerveau associées à la créativité, ce qui peut favoriser de nouvelles idées, associations ou encore davantage de créativité.

Quand l’écriture intuitive est connectée aux sensations, au corps, aux émotions… elle peut renforcer la perception interne, la conscience émotionnelle et l’observation de soi. Plus cette perception internet est fine, et plus la régulation émotionnelle tend à être efficace.

L’écriture intuitive n’est pas un exercice où il faut bien faire, comprendre, résoudre ou analyser. Elle permet de faire remonter à la surface ce qui n’était pas encore perceptible. C’est un peu difficile à mesurer scientifiquement… mais beaucoup plus facile à ressentir.

Mais dans le cadre d’un atelier, quelle place tient l’écriture intuitive et comment la vivre pleinement ?

« Et si vous n’aviez rien à chercher… juste à laisser apparaître ? » 

Passer du mental au mouvement

Lorsque l’on écrit dans les ateliers, il n’est pas demandé de trouver les bons mots.

Au contraire.

L’écriture intuitive invite plutôt à quitter un instant l’espace où l’on réfléchit, structure, organise… pour entrer dans un espace plus fluide.

Parce que le mental adore contrôler.

Il veut savoir où l’on va. Il veut écrire quelque chose d’intéressant. Il veut faire correctement.

L’écriture intuitive propose autre chose : suivre.

Suivre une image.
Un mot.
Une sensation.
Une pensée qui arrive sans prévenir.

Parfois, les mots arrivent avant même que l’on sache ce qu’ils signifient.

Laisser apparaître sans corriger

Le plus difficile n’est souvent pas d’écrire.

C’est de ne pas intervenir.

Ne pas réécrire immédiatement.
Ne pas effacer.
Ne pas chercher si cela a du sens.

Parce qu’à l’instant où l’on commence à contrôler, quelque chose change.

Le flux ralentit.

Dans les ateliers, l’écriture intuitive n’est pas là pour produire un beau texte.

Elle est là pour laisser circuler.

Et parfois, ce qui apparaît surprend.

Changer de posture

L’écriture intuitive propose aussi un renversement un peu étrange.

Tu n’es plus uniquement la personne qui écrit.

Tu deviens aussi celle qui observe ce qui apparaît.

Comme si l’écriture cessait d’être quelque chose que l’on fabrique…

…pour devenir quelque chose que l’on accueille.

Et si tu essayais ?

Prends une feuille.

Choisis un mot. Une sensation. Une question.

Puis écris.

Sans revenir en arrière. Sans t’arrêter. Même si cela paraît étrange.

Observe simplement.

Parce que peut-être que certaines choses n’attendent pas d’être trouvées.

Peut-être qu’elles attendent simplement qu’on leur laisse de la place.

Et si tu veux une suggestion, en voici deux :

Amorce 1 : En ce moment, l’émotion qui revient le plus est…
(et laisse venir une ou plusieurs phrases sans chercher à les expliquer)

Amorce 2 : Là, dans mon corps, je remarque…
(et décris simplement une sensation : respiration, tension, chaleur, mouvement, etc.)

Au final...

Alors peut-être qu’il n’y a effectivement rien à chercher.

Peut-être que tout ce qui compte n’est pas de créer davantage…
mais d’offrir suffisamment d’espace pour laisser apparaître ce qui était déjà là.

Parce que parfois, ce qui semble émerger n’est pas quelque chose de nouveau.

C’est simplement quelque chose que l’on commence enfin à percevoir.

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